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Les micropolluants dans l'eau, d'où viennent-ils ? Et comment agir ?

Publié le 08/03/2022

Nos modes de vie et de consommation continuent de produire de nouveaux polluants organiques ou minéraux. Leur présence dans les milieux aquatiques, même à des concentrations très faibles, peut être toxique pour les organismes vivants.

Refoulement des eaux pluviales urbaines dans un caniveau

D'ou viennent les micropolluants ?

Les micropolluants sont des substances que l’on retrouve dans l’environnement dans des concentrations très faibles : l’équivalent d’un morceau de sucre dans une piscine olympique ! Les micropolluants peuvent avoir un impact notable sur les usages et les écosystèmes.

D’origine industrielle, domestique, agricole ou naturelle, les micropolluants sont généralement d'origine anthropique. De nombreux produits que nous utilisons régulièrement en contiennent :phytosanitaires, biocides, produits cosmétiques, médicaments, peintures, produits d’entretien… Leur production, mais surtout leurs usages favorisent la présence des polluants organiques ou minéraux dans l’air, l’eau et le sol : on parle alors de contamination.

Les origines de la contamination de l'eau par les micropolluants sont diverses :

  • les eaux usées d’origine domestique contiennent notamment des résidus médicamenteux (ibuprofène, paracétamol...), des phtalates (molécules issues de l’utilisation de plastiques), des parabènes (issus des produits cosmétiques), des filtres UV présents dans les crèmes solaires et des pesticides, comme par exemple ceux utilisés pour traiter les animaux domestiques (produits antiparasitaires);
  • les eaux usées d’origine industrielle recèlent divers types de polluants en lien avec les activités concernée par les produits utilisés dans la fabrication des plastiques, des détergents, les solvants (peinture), les produits pétroliers et les métaux ;
  • les effluents hospitaliers contribuent à la contamination des eaux usées par des molécules liées à certains médicaments (notamment certains antibiotiques, anticancéreux ou agents de contraste)
  • les contaminations peuvent aussi être d’origine agricole. La pollution du sol, notamment par des pesticides dans le cadre d’usages agricoles contribue à la pollution des eaux (ruissellement, infiltration). Cet effet concerne également les produits utilisés pour le jardinage qui, par ruissellement, peuvent contaminer les cours d'eau lorsqu'il pleut.

Ces pollutions convergent vers les fleuves, mers et océans. Les micropolluants, présents dans les milieux aquatiques, sont susceptibles d’avoir une action toxique sur les organismes vivants, même à des concentrations très faibles !

 

A l’heure actuelle, plus de 100 000 molécules sont identifiées comme micropolluants par les administrations et centres de recherches et ce nombre ne cesse d’augmenter au fil des années. L’amélioration des performances d’analyses chimiques et la connaissance toxique et écotoxique des molécules actuelles et nouvelles nous permettent d’avoir une liste des micropolluants plus exhaustive de jour en jour.

100 000 molécules sont considérées comme micropolluants

Le colloque "Micropolluants dans l'eau, un enjeu pour le vivant"

Rendez-vous le lundi 11 juillet 2022 à Bordeaux

Initié par l’agence de l’eau Adour-Garonne et l’Office Français de la Biodiversité en partenariat avec Bordeaux Métropole, la région Nouvelle-Aquitaine et le Comité Stratégique de la Filière Eau, le colloque « ¤¤Micropolluants¤¤ dans l’eau, un enjeu pour le vivant » permettra un partage des nouvelles connaissances et de mettre en avant le lien entre les activités à terre et la qualité des eaux, y compris marines ainsi que les leviers pour réduire cette pollution en cohérence avec l’ambition nationale d’une transition écologique.

Un rendez-vous pour les associations, les professionnels et acteurs de l’eau, les décideurs publics et économiques.

Comment peut-on lutter contre les micropolluants ?

Plusieurs leviers d’actions existent : agir en réduisant les pollutions à la source, prévenir en renforçant les outils de surveillance et la sensibilisation. Ces actions doivent être combinées.

Une surveillance accrue

Les micropolluants font bien sûr l’objet d’une surveillance réglementaire. Les experts effectuent des prélèvements, des analyses et la recherche est constante concernant les outils de surveillance futurs et la gestion des rejets.

Des actions sont menées avec les industriels, notamment dans le cadre de « l’auto-surveillance encadrée »

 : l’industriel est responsable du contrôle de la qualité de ses rejets, suivant des modalités de surveillance définis par des décisions administratives.

L’accompagnement des industriels et les soutiens financiers visent notamment à :

  • renforcer le suivi de la présence de micropolluants dans les rejets ;
  • mettre en place des stations d’épuration internes ; et/ou des circuits fermés de réutilisation des eaux usées après traitement,
  • optimiser les processus de production

Améliorer la connaissance sur les micropolluants et les contaminations

Certains micropolluants restent réfractaires aux traitements (comme certains médicaments et pesticides). Il apparaît indispensable de limiter la présence de ces micropolluants.

Chacun peut agir à son niveau, notamment par les actions suivantes :

  • promouvoir le changement des pratiques des ménages (utilisation de produits d’entretien de la maison et d’hygiène corporelle plus respectueux de l’environnement) ;
  • soutenir la gestion « verte » des espaces et des services publics urbains par les collectivités (limiter ou supprimer les produits phytosanitaires pour l’entretien des terrains de sport, etc.).

Financer des projets de recherche

Acteur de la mise en œuvre des politiques publiques dans le grand sud-ouest, l’agence de l’eau Adour-Garonne est au cœur de l’action sur le territoire.

L’amélioration des connaissances sur les micropolluants et la compréhension des mécanismes de contamination de l’eau et des milieux aquatiques est indispensable pour poser des diagnostics et développer des solutions innovantes de lutte contre ces pollutions.

Les agences de l’eau accompagnent les acteurs économiques (industriels, agriculteurs…) et les acteurs publics (collectivités notamment) vers la réduction des pollutions des milieux aquatiques. Elles sensibilisent ces acteurs, financent et accompagnent les mesures, les études et les innovations en lien avec la réduction des substances polluantes et l’amélioration du traitement des rejets.

Pour atteindre les objectifs de bon état des eaux et préserver ou reconquérir les usages, il convient : […] de sensibiliser et informer l'ensemble des acteurs sur l'impact des micropolluants pour lutter efficacement et permettre une prise de conscience collective accompagnée de changements de pratique.

SDAGE - Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux - 2022-2027

Plastigar

Quantifier la pollution en microplastiques dans la Garonne

Dans le cadre du projet de recherche PlastiGar financé par l’Agence de l’Eau Adour-Garonne et la Région Occitanie, une équipe de chercheurs toulousains ont quantifié pour la première fois la pollution en microplastiques dans les eaux et les sédiments de la Garonne. Les résultats ont montré notamment qu'en moyenne, 2 % des invertébrés et 10 % des poissons avaient ingéré des microplastiques.

  • Un exemple emblématique : le cadmium

    Historiquement liée à l’histoire de la vallée du Lot, la problématique du cadmium (métal pouvant avoir des effets toxiques) touche l’ensemble du continuum fluvial Lot-Garonne-Gironde. L’étendue du territoire concerné, comme la complexité du sujet, ont nécessité plusieurs études que l’agence de l’eau Adour-Garonne a impulsé et piloté.

    https://eau-grandsudouest.fr/ocean-commence-dans-terres-c-est-lien-terre-mer

Un cadre législatif et réglementaire en évolution

Le texte de référence sur la qualité de l’eau est, au niveau européen, la Directive-cadre sur l’eau (DCE 2000/60), qui a été transposée en droit national et précisée par plusieurs textes législatifs et réglementaires, portant notamment sur :

En mai 2021, la Commission européenne a adopté le plan d'action intitulé «Vers une pollution zéro dans l'air, l'eau et les sols », qui constitue un élément-clé du pacte vert pour l'Europe. Ce plan d'action définit une vision intégrée pour 2050, avec un objectif de pollution réduite à des niveaux qui ne seront plus nocifs pour la santé humaine et les écosystèmes naturels, ainsi que les étapes à franchir pour y parvenir.

En préparation

Un 3ème plan national de lutte contre les micropolluants

Le deuxième plan national micropolluants "pour préserver la qualité des eaux et la biodiversité" couvrait les années 2016 à 2021. Il sera suivi d’un troisième plan qui mettra l’accent sur une meilleure connaissance des micropolluants et leur réduction à la source.

 Plaquette projet SDAGE-PDM - 2022-2027

Des objectifs de lutte contre les micropolluants fixés dans le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux du bassin Adour-Garonne (SDAGE)

Dans le projet de SDAGE 2022-2027, plusieurs dispositions concernent des objectifs environnementaux de bon état des eaux et de lutte contre les micropolluants, notamment celles qui prévoient de "

renforcer le diagnostic et sensibiliser sur les micropolluants et leurs impacts".